13/04/2015

Lècsike di bâse / Basic Walloon Lexicon - notes

Lècsike di bâse do walon WALO +

Lexique de base du wallon WALO +*

3000 mots**

 

 

Notes explicatives

 

(o) = ouest-wallon

(c) = centre-wallon

(e) = est-wallon

(s) = sud-wallon

 

Enfin, le graphème å en est-wallon correspond au « o » de l’anglais « more » ou « water » et  au « å » danois.

En wallon, il est proche du « au » des autres dialectes ou du « â » de ces dialectes et au sein même de l’est-wallon (oie : åwe = auwe ; mal : må = mâ (aussi en est-wallon) et mau (sud-wallon, centre-wallon, ouest-wallon) ; carier : gåter = gâter).

 

* Revu et corrigé

** sur plus de 100.000 mots recensés (bientôt un lexique de 10.000 mots)

 

Avant-propos

 

Les détracteurs du mouvement de préservation de nos langues régionales s'en prennent avec hargne ou moquerie à ce qu'ils appellent l'unification du wallon. Il auraient raison s'il s'agissait de cela. L'unification d'une langue quelconque, a fortiori si elle est à transmission essentiellement orale, est d'ailleurs une entreprise utopique et contre nature, la variation étant inhérente au langage. En fait, dire d'une langue qu'elle est unifiée signifie seulement que l'une des variétés qui composent son répertoire est considérée, pour des raisons diverses, comme la variété modèle, "standard" en jargon de linguiste.

Le projet dont une première réalisation est présentée ci-après ne tend nullement à l'unification du wallon. Il s 'agit de normalisation, ce qui est tout autre chose.

On commence par dégager des types lexicaux, par la réduction des différenciations non pertinentes, phonétiques et non phonologiques, qui ne sont d'ailleurs bien souvent que des faits de parole et non de langue. Cette typisation n'a rien de révolutionnaire : elle est déjà pratiquée dans l'Atlas linguistique de Wallonie, depuis le tome I (1953). Tout simplement, la schématisation est poussée plus loin ici. Une seule forme est retenue par sous-région, la plus répandue s'il y a variation. Ainsi, pour "descendre", on aura le namurois dichinde, la forme distchinde attestée seulement dans quelques localités étant sacrifiée : il est de bon sens que l'intercompréhension n'en souffre pas dans ce cas.

La confrontation de ces formes met en évidence le tronc commun du lexique wallon, un tronc dont la section est beaucoup plus large qu'on ne pourrait le croire d'après tant de discours sur la diversité et le manque d'intercompréhension entre les parlers wallons.

Bien sûr, pour en rester dans le même registre métaphorique, les branches charpentières se dégagent également, s'identifient, je veux dire les principales variations dialectales : est, centre, ouest (, le sud n'ayant pu encore être pris en considération à ce stade du travail).

Nous obtenons ainsi un lexique de base pan-wallon, constitué de formes de référence, lexique qui ne prétend nullement se substituer aux dictionnaires ou glossaires sous-régionaux ou locaux, dont on connaît l'abondance et la richesse, mais jeter des ponts entre eux et par là "montrer ce qui unit".(…)

 

Notre but est d'aider une langue menacée, le wallon, et par là de tenter de perpétuer la tradition des deux voies et voix par lesquelles, depuis tant de siècles, s'exprime notre culture romane et se manifeste notre originalité wallonne.

 

 

Willy BAL

 

 

INTRODUCTION

 

Montrer ce qui unit plutôt que ce qui divise : ainsi pourrait se résumer le projet de ce Walo +.

Ce projet est né de la réflexion et de l'enthousiasme. Suscité par un petit article provocateur que j'avais écrit en 1989 dans la revue TOUDI, relayé par une proposition concrète de Willy BAL, il a trouvé une structure d'accueil au sein de l'Union Culturelle Wallonne et une compréhension grandissante auprès de ses membres. (…). La Communauté européenne a permis l'édition du lexique de base que vous tenez dans vos mains, que nous avons baptisé de façon positive Walo +.

C'est vrai qu'on a toujours souligné et, sans doute, exagéré l'extrême diversité des parlers de Wallonie, diversité qui est bien sûr leur richesse.

Les dialectologues certainement - j'en suis et j'en suis fier - dont la raison d'être est entre autres de chercher avec passion les mots rares, les archaïsmes, d'analyser les vestiges linguistiques et donc, implicitement, d'individualiser chaque dialecte. Mais l'inconscient collectif du peuple wallon aussi, qui se plaît à démontrer que le wallon du village voisin est complètement différent, alors que quelques mots tout au plus changent...

Bien sûr, en se basant sur l'analyse des faisceaux de lignes isoglosses (celles qui séparent des traits phonétiques ou morphologiques), les dialectologues ont dégagé rien que pour le wallon, quatre variétés principales : l'est-wallon ou liégeois, le centre-wallon ou namurois, le sud-wallon ou wallo-lorrain et l'ouest-wallon ou wallo-picard. (…)

Au demeurant, chez nous, des dialectes sous-régionaux existent déjà à l'état latent depuis de nombreuses années. Ils sont le fait du prestige ou de la puissance (c'est selon) du dialecte des grandes villes, dont l'influence est rayonnante, ainsi que de l'activité des cercles littéraires. C'est certainement vrai, à des degrés divers, pour le wallon de Liège surtout, pour celui de Namur ou de Charleroi également. Nous n'avons donc rien fait contre nature. Sinon simplement accompagner un mouvement naturel, l'accélérer sans doute, le systématiser probablement.

Pour des raisons d'homogénéité et de faisabilité, nous nous sommes limités au domaine proprement wallon. (…)

Faute de collaborateur(s) pour le sud du domaine wallon, nous ne présentons actuellement que trois formes de référence, l'une pour le domaine liégeois basée bien sûr sur les dictionnaires de J. Haust, la deuxième pour le domaine namurois due généralement au Lexique namurois de L. Léonard (éventuellement à L. Pirsoul), la dernière enfin pour l'ouest-wallon tirée soit du dictionnaire d'A. Carlier soit de celui de J. Coppens.

Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés au lexique. Il va de soi que le même travail devrait être accompli pour la morphologie, principalement pour les formes conjuguées, et pour la syntaxe dans une certaine mesure.

Un lexique de base se réfère à un vocabulaire "fondamental". Fondamental par rapport à quoi ? Sans étendre outre mesure notre réflexion sur ce concept difficile à cerner, nous avons simplement amalgamé l'index des mots et concepts essentiels figurant en pp. 934-959 du Lexique namurois de L. Léonard et le vocabulaire wallon liégeois essentiel de Jean Defrecheux. Quelques lacunes ont été comblées. D'autres pourront l'être dans des éditions ultérieures, le traitement informatique du lexique permettant très aisément des mises à jour. Dans cette première édition, réalisée dans un laps de temps très court, nous n'avons pas pu offrir de solution satisfaisante pour tout. Nous avons bien entendu été confrontés au polysémantisme de certains termes français et il y a sûrement des précisions à apporter en ce domaine, ne fût-ce que par des exemples appropriés. Un autre écueil est le danger de la traduction trop littérale, appauvrissante, notamment des adjectifs; nous devrons essayer de respecter le génie du wallon plutôt que de chercher à traduire maladroitement. (…)

L'orthographe Feller est admise depuis longtemps dans les milieux wallons et elle a rendu de nombreux services. C'est naturellement sur elle (…) que nous nous sommes appuyés pour fixer l'orthographe de ce lexique de référence. (…) Comme il s'agissait avant tout d'une langue écrite, nous avons préféré les formes pleines, plus faciles à alphabétiser, aux formes élidées.

Ce lexique de base multilingue wallon est le premier pas dans la normalisation du wallon. (…)

 

Jean GERMAIN

 

 

Orthographe wallonne

 

 

http://orthographe-wallonne-regles.skynetblogs.be

 

http://ortografiye-walone-totes-les-regues.skynetblogs.be

 

 

Elle a été mise au point il y a une centaine d'années par Jules Feller. Elle est la seule utilisée actuellement par les écrivains ou les philologues, dans les revues, livres, publications diverses, etc.

Contrairement à ce qu'on croit souvent, elle est très simple et ne compte qu'un petit nombre de règles qui connaissent peu d'exceptions.

 

 

1 Les particularités de l'orthographe wallonne

 

-   Nous n'insisterons pas sur les lettres qui se prononcent et s'utilisent exactement de la même manière qu'en français: b, p, m, i, ç, etc.

-   Toute voyelle est prononcée soit brève soit longue. La longueur doit toujours être notée par un accent circonflexe (sauf dans "au" et "à") :

côp, tchoûler, pîler

C'est ce qui permet de distinguer p. ex. iute (outre) et iût’ (huit).

Notons encore que vwèture se prononce bien avec un "u" bref, alors que vwètûre se prononcera avec un "u" long.

-   Une consonne ne s'écrit double que si elle est réellement prononcée double :

one / ine pome (pomme) mais on gngno / in gngnou (un genou)

-   L'élision marque la disparition d'une voyelle qui fait partie du mot :

èle rivint mais dji r'vin

on s' dimande mais èle si d'mande

-   La minute (c-à-d., pratiquement, une apostrophe) indique que la consonne finale doit être prononcée, contrairement à ce que laiserait supposer l'analogie avec le français ou avec d'autres mots wallons :

prèt', rébus'.

 

 

2 Quelques précisions apportées par la commission

 

L'orthographe Feller, on le sait, présente ce défaut d'être floue sur quelques points. Ce lexique se devait de respecter une certaine cohérence à l'échelle du wallon et non plus à une échelle locale. La commission a donc réuni autour

d'une même table des personnes originaires de différentes régions, membres de différents groupes, etc. afin d'établir définitivement (du moins on l'espère) une orthographe commune, d'opter une fois pour toute et de manière cohérente pour une des solutions offertes dans certains cas par l'orthographe Feller. Passons rapidement en revue ces quelques points :

 

1 La graphie , utilisée uniquement dans le dialecte central, apparaît ici.

Elle correspond à un phonème différent de celui prononcé pour « ê »et « é » :

ainsi, taîre (taire)            est différent de têre (terre)

         èlle èst faîte (faite) est différent de fét’ (foie).

 

2Rappelons qu'une consonne sonore finale est toujours prononcée sourde en wallon :

gade se prononce "gate"

ombe se prononce "ompe"

dji cause se prononce "dji causse".

 

3  Le "e muet" est toujours écrit; toutefois, il ne se prononce jamais :

doûcemint, télemint, gade et non "doûçmint" ou "doûç'mint", "tél'mint", "gad"', etc.

L'élision n'apparaît que quand la lettre élidée n'est pas un "e" : kimincî donc dji k' mince

 

4 Le son /k/ s'écrit

- "c" devant "a", "o" et les consonnes : croie, caitzer, coitmincbî

- "k" dans les autres cas :

   brike, viker, kimincî... et les "dérivés": nos vikans, dji k'mince...

- "q" seulement au début d'un mot et par analogie au français :

  quî, qwè, quand / qwand, quiter... et les "dérivés": poqwè, raquiter, saquî...

 

5 Le "o" long s'écrit :

"au" quand, d'un dialecte à l'autre, il y a correspondance "à" - "au" - "å" : lard / laurd / lård ; tâve / tauve / tåve...

Il est à différencier d’un phonème proche du « ou » long (écrit « oû »), prononcé dans les mots

côp (coup), ôte (autre), tchôd (chaud), ...

 

(cô : cou est différent de coû : cour ;

sô : saoul est différent de sau : saule)

 

6 En orthographe wallonne comme dans toute orthographe, la plupart des graphies peuvent se prononcer de plusieurs manières. Outre les exemples déjà cités, "pitit" peut se prononcer "pëtët" en Brabant, "djon.ne" peut se prononcer "djône" à Verviers, (…).

 

 

Comment utiliser Walo+ ?

 

(…) Ce lexique ne présente, pour chacun des dialectes ouest, centre et est, que des "formes de référence". (…)

 

Un (o) signifie que la forme de référence est valable pour le dialecte ouest

(Charleroi, Nivelles, Entre-Sambre-et-Meuse...).

Un (c) signifie que la forme de référence est valable pour le dialecte

central (Namur, Roman Pays, Haute-Meuse, Condroz namurois...).

Un (e) signifie que la forme de référence est valable pour le dialecte est

(Liège, Condroz liégeois, Ardenne liégeoise, Hesbaye, etc.).

L’absence de (o), (c), (e) signifie que la forme existe dans l'ensemble du domaine wallon.

 

Les personnes habitant dans des zones de transition entre ces dialectes remarqueront en outre que plusieurs formes peuvent parfois être valable dans leur région !

Les formes de l'ouest sont toujours écrites élidées ( r'fê) pour montrer que la voyelle d'appui peut venir se glisser entre les deux consonnes initiales (èle rifét, à l'est de Charleroi) ou bien devant ces deux consonnes (èle èrfét, ouest de Charleroi).

Pour les deux autres dialectes, c'est la forme "pleine" qui est notée : r(i)fé, dji r'fé, èle rifaît.

On trouvera, au fil des pages, quelques mots anciens que nous avons voulu essayer de sauver de l'oubli... WALO+ est également pimenté de quelques néologismes glanés dans des textes d'aujourd'hui ou créés par les lecteurs de La Wallonie dialectale, suite à une première consultation sur les néologismes (mots franglais). Les néologismes sont indiqués (néol.).

 

 

Boune lècture à tortos !

 

 

 

 

 

21:37 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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